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Thorey-Lyautey, nouvelle collectivité adhérente et bel exemple de coopération décentralisée franco-marocaine

Thorey-Lyautey, commune rurale de 150 habitants au sud de Nancy, s’engage en 2023 dans une coopération ambitieuse avec la commune rurale d’Aït Sedrate Sahl El Gharbia à l’est de Marrakech, dans un objectif de développement réciproque des deux territoires.


THOREY-LYAUTEY, NOUVELLE COLLECTIVITÉ ADHÉRENTE DE CUF ET BEL EXEMPLE DE COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE FRANCO-MAROCAINE

Questions à Philippe Lepape, Maire de Thorey-Lyautey :

- CUF  : Pourriez-vous présenter votre commune, Thorey-Lyautey, et celle de votre partenaire marocain ?

Philippe Lepape : Thorey-Lyautey est une commune rurale de 140 habitants, située à 35 kms au sud de Nancy au cœur du Pays du Saintois, territoire très riche d’un patrimoine à préserver.

Ait Sedrate Sahl Gharbia est une commune marocaine, rurale également, de 22 000 habitants constituée de plusieurs « bourgs ». Elle est située à 1h de route de Ouarzazate dans la Région Draa Tafilalet, sur un plateau reliant l’Anti Atlas et le Haut Atlas. Elle est au cœur de la vallée des roses, oasis dans un environnement très minéral où est cultivée et transformée la rose de Damas.

- CUF : Pourquoi donner naissance à une coopération décentralisée et pourquoi avec une collectivité marocaine ?

PL : Le village a une histoire très marquée de par la présence de la famille Lyautey dans leurs années de retraite. Il était donc tout naturel de se tourner vers une commune marocaine pour mettre en place une relation d’amitié « internationale » souhaitée par le conseil municipal.

L’idée est de donner au village et à ses habitants la possibilité de se projeter dans un projet humain fédérateur.
L’accord de coopération décentralisé a permis de structurer notre idée en partenariat avec nos amis marocains. Des objectifs ont ainsi pu être déclinés en actions concrètes pour nos deux territoires.

- CUF : Quel appui avez-vous reçu de l’Ambassade de France au Maroc dans la mise en place de cette coopération ?

PL : L’Ambassade de France au Maroc a joué un rôle déterminant dans la mise en place de cette coopération puisqu’elle a été notre point d’entrée pour identifier une commune marocaine désireuse de s’inscrire dans ce projet de coopération.

Elle nous a ensuite accompagnés indispensablement dans nos premiers contacts et dans la rédaction d’une convention servant de cadre légal à nos échanges. Une personne de l’ambassade a également eu l’occasion de venir sur place lors de notre première visite officielle en mai 2022. Son soutien et son expérience ont été primordiaux pour lancer le projet.

- CUF : A quels enjeux répondra cette coopération ?

PL : Notre coopération veut avant tout répondre à des enjeux humains en créant du lien (échanges scolaires, avec les acteurs et les élus, …) et des relations avec les habitants du village et au-delà.
D’autres thèmes listés dans l’accord ouvrent également un champ de possibilités importants.

- CUF : Le caractère réciproque de cette coopération vous a-t-il paru évident dès la naissance du projet ?

PL : C’est une bonne question … oui et non … et c’est une des richesses de notre échange !

- CUF : Pensez-vous que la coopération décentralisée est un levier nécessaire au développement local des deux territoires ?

PL : Oui si on considère que l’idée même d’échanger sur et dans nos territoires est un levier de développement.
Nous avons proposé un partenariat au niveau intercommunal pour porter notre coopération. Ceci a permis d’entrer en contact et de créer du lien avec une majorité d’acteurs locaux. Nous avons alors pu constater une attente très importante pour participer et pour faire réussir un tel projet.
Nous constatons avec plaisir et un certain étonnement que ce projet est avant tout un projet fédérateur à l’échelle du territoire.

- CUF : Sur quels dispositifs vous êtes-vous appuyé pour mener à bien les projets autour de cette coopération ? Combien de personnes s’occupent de la mise en œuvre des projets (rattachés à quels organisme/fonctions) (du côté marocain et français) ?

PL : L’équipe française est composée de 3 personnes dont deux membres du conseil municipal (maire et deuxième adjoint) et d’un agent territorial de la communauté de communes, œuvrant tous les trois à titre bénévole.

L’équipe marocaine est principalement composée d’un élu (le maire) assisté de ses services, ainsi que de deux bénévoles à titre de conseil.

Nous nous sommes aujourd’hui appuyés sur le second appel à projets 2022 du Fonds conjoint d’appui à la coopération décentralisée franco-marocaine 2022-2024, initié par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (DAECT) et le ministère de l’Intérieur (DGCT), en partenariat avec l’Ambassade de France au Maroc, dont nous sommes attributaires.

- CUF : Que conseillerez-vous à des collectivités françaises de taille équivalente qui souhaiteraient répondre aux enjeux cités ? Quelle plus-value peut leur apporter la coopération décentralisée ?

PL : N’étant qu’au tout début de cette nouvelle coopération, nos premiers conseils seraient les suivants :
  identifier une collectivité étrangère qui partage des sensibilités communes (histoire ou enjeux territoriaux ou volonté de développement…) ;
  structurer une équipe soudée dans la phase de lancement ;
  positionner d’emblée la coopération comme un partage réciproque et équilibré ;
  chercher l’adhésion des habitants et des acteurs du territoire ;
  faire connaitre son projet par des collectivités ou structures d’ampleur (Département, Région, Ambassade, Consulat, milieu associatif…)
  écoute et souplesse pour s’adapter à des modes de fonctionnement parfois différents.

Les premières plus-values constatées sont :
  meilleure connaissance de notre propre territoire : se présenter à l’autre induit de répondre à des questions que nous ne nous posions pas forcément ;
  une vie locale qui élargit ses horizons et se fédère autour d’un projet commun ;
  une visibilité plus importante de notre commune ;
  des échanges et retour d’expériences enrichissants avec d’autres communes françaises engagées dans ce processus.

CUF : Comment avez-vous connu Cités Unies France et quelles sont vos attentes vis-à-vis de CUF et du groupe-pays Maroc (et des prochaines assises de la coopération décentralisée franco-marocaine) ?

PL : Le nom de l’organisme est revenu à plusieurs reprises et nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur leur site puis en demandant un contact.
Notre démarche répond également à un besoin d’accompagnement et de retours d’expériences nécessaires pour une équipe très motivée et très novice !


Contact :
Thomas Lanvin, Chargé de mission Arménie & Méditerranée : t.lanvin@cites-unies-france.org




Publié le 22 mars 2023

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